C’est un enchaînement d’événements qui m’as conduite à créer Le loup des Ases ! J’ai dû arrêter brutalement mon métier de coiffeuse que j’exerçai depuis mes 14 ans et demi , suite à des troubles musculo-squelettiques . Des tendinites devenues chroniques qui s’attaquaient à mes épaules, mes coudes mes poignets et mes pouces , et qui menaçaient sérieusement de rompre mes tendons , ce fût long, très douloureux physiquement et psychologiquement un drame pour moi ! Je pensais que travailler et créer avec mes mains ne me serait plus jamais permis … Un jour que j’arpentai les rayons d’une librairie, je suis tombée sur un bouquin de noeuds plats , je l’ai rapidement feuilleté , et un modèle m’a particulièrement attirée, il s’appelait « Guenièvre » en tant que passionnée de légendes celtes et nordiques, je suis donc repartie avec , je l’ai regardé un peu plus en détail en rentrant et puis je l’ai oublié dans un tiroir pendentif deux, trois mois ! Jusqu’à ce que je retombe dessus et décide d’essayer ! L’auteure préconisait d’utiliser des cordons de satin, alors j’essaye, mais cette matière me laisse totalement de marbre tant elle ne correspond pas au résultat que j’envisageais… trop mou, trop brillant , trop … non vraiment pas pour moi ! Ok ! Alors pourquoi pas le cuir ? Bon, ce qui en résulte commence à devenir intéressant , déjà ça se tient mieux, mais je sens que j’ai besoin d’autres choses, et puis il faut dire aussi que je travaille avec des pierres naturelles, et le cuir c’est bien mais sa sensibilité à l’hygrométrie pose un problème majeur, celui de la tenue du nœud dans le temps , sans oublier que sur des cordons de si petits diamètres il finit par s’assécher et craqueler … C’est alors qu’une amie me parle de liège ! (Merci Céline! ) Du liège ?! Mais le liège c’est fragile, ça risque de casser … Tout de même hyper enthousiaste mais pas complétement convaincue , je décide de commander quatre couleurs… Commande reçue ! Cool ! Aller hop ! C’est parti ! Je m’aperçois que finalement ce n’est pas si fragile que l’idée que je me faisais , et c’est tout doux, chaleureux au touché, souple, par contre beaucoup plus complexe et technique à travailler que le cuir , c’est un travail de patience qui s’engage car il faut décomposer chaque noeud , aucun raccourci possible avec ce matériau ! L’équilibrage aussi est plus complexe il demande finesse et doigté ! Mais à la fin ! Quel bonheur ! Du volume, de la légèreté, de la tenue ! Et l’accord parfait entre le végétale et le minéral des pierres ! Je tombe vraiment amoureuse de ce matériau, et cette technique mélange de noeuds celtiques et matelotage ! Whaaaaa ! J’adore ! Et cerise sur le clafoutis ! Je peux travailler sans avoir (trop) mal , mes mains répondent bien et je n’ai pas plus de douleurs que d’habitude ! Et puis à force d’entendre les copains me dire que quand même « c’est joli ce que tu fais » , « pourquoi tu les vendrais pas ? »,« c’est original! », eh bien… je me suis lancée ! Ce fût le début de l’aventure !